vendredi 5

Coucou les amis,
J’espère que vous allez bien ; mieux que moi en tout cas.
Figurez-vous que depuis que le petit Roméo est entré dans ma vie, il m’en arrive de drôles.
Moi qui pensais lui apporter la sécurité … la pauvre doit se dire qu’il a frappé à la mauvaise porte.
Tout d’abord nous avons été réveillés hier matin par de grands cris. « Par ici la serpillère ! Qu’est-ce que tu attends pour couper l’eau ! Les cartons sont fichus ! Et le chien, il faut détacher le chien ! » . Quel raffut, mais quel raffut !
Je sentais le petit Roméo tout tremblotant se blottir contre moi en gémissant. « Mais que se passe-t-il Charly ? J’ai peur ! », disait-il.
Je l’ai rassuré comme j’ai pu : « Ne t’inquiète pas petit, je me charge de régler cet histoire au plus vite ».
« Charly, pousse-toi de là veux-tu ! » m’a alors crié ma maitresse, le pantalon relevé au-dessus des chevilles. « Allez, zou fainéant, du balai ! ».
Bon, mon image de marque en a pris un coup et j’ai conseillé au petit de rester bien caché sous l’établi. Je lui ai promis de revenir dès que la tempête serait calmée.
Environ 20 minutes plus tard, l’ouragan était passé, l’inondation épongée et nos pattes sèches.
« Ben dis donc, ce n’est pas très calme chez toi », a dit Roméo quand je suis revenu le voir.
- Désolé petit, c’est la première fois qu’un tel ramdam arrive, je ne comprends pas. Je t’assure que c’est très calme d’habitude.
La matinée s’est passée agréablement ; je lui ai fait la visite du jardin, je lui ai montré les arbres aux oiseaux, les rosiers qui piquent, les arbustes à éviter et surtout les planques des chats du quartier. Il y en a partout de ces sales bêtes, méfie-toi !
Mais à peine étions-nous revenus qu’une autre catastrophe s’annonçait.
La poubelle s’était renversée sur notre couche, éparpillant ça et là d’innommables détritus.
Je me suis empressé de prévenir ma gentille maitresse, de façon à ce qu’elle règle le problème au plus vite. Il y a justement un gros coussin mauve qui ne sert à rien au fond du garage. Je savais qu’un jour il serait utile à quelqu’un.
Savez-vous ce qui est arrivé ? Elle a balancé mon lit et les détritus dans la grande poubelle rouge, en disant. « Allez hop, nous voilà débarrassés de ce machin plein de puces. Tu dormiras sur la couverture marron, ce sera bien suffisant. »
La couverture marron ? Mais je m’en sers les nuits d’hiver pour recouvrir mon petit corps transi de froid !
Que lui arrive-t-il ? Elle qui donnerait sa vie pour moi, elle qui me couvre de baisers et de flatteries chaque jour … Je suis anéanti.
Même Roméo s’en rend compte.
« Bah dis donc, c’est l’armée ici » a-t-il dit en ricanant.
May day ! May day !

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