dimanche 6

Je me sens vraiment seul ; mes petites maitresses sont parties et je suis resté coincé plus de 24h derrière cette fichue bouteille qui contenait un chien mort … il y a vraiment de quoi déprimer.
Et quand je pense à mon Cooper, retenu prisonnier au pays des taureaux et du chorizo … Si je m’écoutais, j’irais de ce pas. Je me cacherais dans une soute à bagages et je me laisserais emporter là-bas. Et je le retrouverais, foi de Charly, car la meilleure truffe de toute la région, c’est bien moi !
Qui a retrouvé les gants rouges de la petite Marion la veille de Noël, en pleine cohue ? Qui a débusqué les voleurs du gigot de madame Pichon ? Qui a retrouvé le doudou du petit Romain ? Mmh ?
Même si j’avoue ne pas avoir résisté à la tentation de manger le gigot après avoir fait déguerpir les deux chenapans, je reste tout de même le meilleur chasseur du coin.
Je suis donc resté coincé là quelques heures encore, à attendre une information supplémentaire. Mais le téléphone n’a jamais sonné ; en tout cas pas en ma présence. Mais je sais maintenant une chose, c’est qu’il est vivant et qu’il n’est pas juste là-bas en touriste ou en tant que future enveloppe de coussin de luxe. Les vétérinaires aiment les animaux et ils l’ont envoyé là-bas de leur plein gré.
Mais qu’ont donc les espagnols que nous n’avons pas ?
Lorsque je suis rentré, j’ai dévoré mon bol de croquettes pour chien en pleine forme et vidé ma gamelle d’eau. Que c’était bon de retrouver son chez-soi et ses effets personnels !
Mais mon bonheur fut de courte durée car mes maitres n’ont pas tardé à pointer leurs grands pieds et à me chanter Ramona sur tous les tons.

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