mercredi 25

Pendant que le petit Micky s’occupait des plates-bandes, Tim s’affairait du côté gauche tandis que je cherchais du côté droit.
L’herbe était rudement bien tondue, pas une fleur ne dépassait de son bosquet et je ne voyais pas la trace de la moindre petite mauvaise herbe ; pas comme chez moi. Le Cooper ne devait pas s’amuser tous les jours dans ce décorum de sitcom.
Ce fut vers un massif de camélias que je sentis l’odeur de notre ami, ainsi que des traces toutes fraiches de terre retournée.
- Hé les gars, venez donc voir par ici ! leur ai-je crié.
Ils étaient d’accord avec moi ; la terre avait été remuée et l’odeur de Cooper était là, bien présente.
- Mais je sens autre chose … a dit Micky. Une odeur que je connais bien et que je n’aime pas beaucoup …
- Fais voir, a dit Tim avant d’enfouir sa truffe dans le sol. Mais oui bien sûr, j’ai trouvé : c’est l’odeur du vétérinaire !
- Bon sang, le véto ! dis-je alors en me frappant le front avec ma patte. Ainsi il serait souffrant … mais pourquoi s’être débarrassé du collier ?
- Il ne nous reste plus qu’à nous y rendre, a conclu le p’tit Micky, tout excité.
Seulement le vétérinaire n’officiait pas du tout dans le quartier. Il nous fallait sortir de la ville et passer le long de la grand’route, à découvert. Et si jamais une voiture de police passait pas là …
- Ne t’inquiète pas, a dit Tim, tout ira bien et ce n’est pas si loin. Et puis nous n’avons pas le choix !
Il avait raison ; nous n’avions pas le choix. Nous avons choisi de cacher le collier de Cooper dans le jardin voisin, dont la quantité impressionnante de mauvaises herbes nous laissait penser que le jardinier ne mettait pas souvent les pieds dans les parages et que notre butin y serait en sécurité.
Nous avons donc planqué la parure et filé ventres à terre et oreilles au vent.

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