mardi 24

Comme prévu nous nous sommes retrouvés hier soir à minuit ; l’air était lourd, le ciel nous faisant l’effet d’une couverture chauffante. Même les grillons avaient trop chaud pour chanter. Et Dieu sait s’ils aiment ça.
- Devine qui sera parmi nous ce soir, m’a demandé Tim lorsque je suis arrivé.
- Le petit Paco ?
- Non andouille, c’est moi ! dit alors Micky tout en sortant de sa cachette.
- Bon sang, mais comment savais-tu que … ? ai-je demandé, surpris.
- Tu oublies que je sais tout, répondit le pékinois tout fier. Alors je me suis fait la belle ; avec cette chaleur, les fenêtres restent ouvertes.
- Quel est ton plan ? demanda Tim qui avait hâte de prendre le large.
Tandis que nous prenions la direction de chez Cooper, j’ai expliqué à mes deux acolytes qu’il nous fallait tout d’abord ratisser le jardin ; absolument partout et sans rien oublier. Nous trouverions forcément une piste, une odeur, un petit quelque chose à nous mettre sous la truffe. Et je sais de quoi je parle ; j’ai la truffe sensible et perspicace.
Nous ne mîmes que quelques minutes pour arriver devant le portillon qui était heureusement ouvert. Tim se leva sur les pattes arrière et abaissa la poignée de la petite porte blanche. Un stupide nain de jardin nous regardait en souriant, une pelle sur l’épaule et une marguerite au coin de la bouche. Nous nous sommes alors partagés le terrain. Deux hérissons ont pris la fuite, si je puis m’exprimer ainsi.
- Hé vous ! Savez-vous ce qui est arrivé à Cooper ? leur ai-je crié.
Mais ces couards n’ont pas pris la peine de me répondre, trop occupés à se réfugier dans le jardin voisin. Avez-vous déjà parlé à un hérisson ? Si vous arrivez à leur faire prononcer deux phrases, alors ce sera un véritable exploit. Je n’ai jamais vu d’animaux aussi froussards ; dites-leur bonjour et ils se mettent à trembler comme des feuilles. Alors témoigner …

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