le 30 décembre


Me voici à présent à Southend-on-sea !
C'est une jolie station balnéaire non loin de Londres.
Ses plages comptent officiellement parmi les plus belles d’Europe. Elles sont parfaites pour les châteaux de sable, mais aussi pour les activités de bord de mer : canoë, baignade, voile, windsurf etc.
Je vous envoie une photo de mon hôtel on the beach ... c'est chouette les voyages !

le 25 décembre




JOYEUX NOEL LES AMIS !
JOYEUX NOEL !

Me voici à Canterbury, quelle belle ville. Et visez-moi cette cathédrale ... elle me donne le vertige.
Elle est une des villes les plus anciennes du pays. C'est l'ancienne capitale du royaume de Kent. Cantorbéry (son nom français) est aujourd'hui un centre touristique (cathédrale en pierres de Caen) et universitaire majeur.
Ce midi je me suis offert un bon cornet de fish and chips et un petit bol de gelée mauve pour le dessert. Je me suis régalé !
Dommage que mon Diabolo ne soit pas là ... ce qu'on s'amuserait !
Joyeux Noël mon Diabolo !

le 19 décembre




C'est moi Charly, sur la ferry boat !
J'ai pris mon courage à deux pattes et je me suis pris un billet pour l'Angleterre. J'ai décidé d'aller voir la Reine, d'aller boire du thé, de rouler à gauche, de manger des petits pois à la menthe et des fish and chips.
Quelle aventure de quitter son pays, la terre de ses ancêtres, ses racines, ses amis ...
Je pense bien à vous, je me sens un peu seul parfois.


Et me voici à Calais !
Quel bon bol d'air, que c'est beau la mer, quelle force !
C'est la première fois que je vois cette magnifique étendue d'eau et je me sens tout petit.
Par contre je me sens un peu seul ... et il fait si froid ! Il a même neigé aujourd'hui. C'est drôle une plage sous la neige.



Merci à ma cousine Marianne pour ces très belles photos d'Audressalles, entre les 2 caps.

samedi 6



Une petite carte postale de Cap Blanc Nez, Regardez comme c'est beau !
Marianne ma cousine (je dis "ma cousine" pour ne pas la confondre avec Marianne ma maman) a raison, devant ces paysages grandioses, on se sent tout petit.
Les mouettes ont bien de la chance.

jeudi 4 décembre



Sur les conseils de Marianne de St Amand, je suis parti découvrir le site des Deux Caps, qui est reconnu comme l'un des plus beaux sites de France, le seul, avec la baie de Somme, au nord de la France.
Je ne regrette pas ce déplacement, c'est magnifique ! Regardez cette photo que je viens de prendre ; ne donne-t-elle pas envie d'y faire un tour ?

Bons baisers du Touquet où je passe de longues heures à regarder passer les nuages et planer les mouettes.
Je pense bien à vous,
Votre dévoué Charly, la truffe au vent.

vendredi 28



Un petit coucou du marché de Noël où mes yeux se régalent de ses merveilles et mes papilles de tout plein de charcuteries en feuilletés, en croute, nature ... je ne sais plus où diner de la tête.

mercredi 26



Et voici une petite carte de Lille !
Quelle jolie ville, et ces décorations dans les rues, dans les boutiques, que c'est joli.
Vous avez vu cette grande roue ? J'y suis allé, quelle rigolade ! Enfin je rigole, je rigole mais je n'étais pas très fier tout là-haut. Quelle vue sur la ville !
Sur la grand-place se trouve une boulangerie-pâtisserie du tonnerre. Vous verriez la vitrine ... à tomber.
Ce soir je mangerai des moules et des frites bien sûr, ici il y en a partout. Le tout accompagné d'une petite bière, et hop au lit le Charly !

lundi 24



Aujourd'hui j'ai fait un petit tour à St Amand les Eaux, et plus précisément au musée de la tour abbatiale de St Amand les Eaux. Pourquoi me direz-vous ? Pour faire une petite surprise à une très gentille personne qui porte le même nom et le même prénom que ma maman.
Et autant vous dire qu’elle a été drôlement surprise de me voir débarquer dans son joli petit musée au parquet bien ciré. Avec mes pattes sales et mon sac à dos, j’avais presque l’air d’un mendiant.
Mais elle m’a reconnu, m’a bien reçu et m’a offert, vous savez quoi ? Une bonne part de tarte au Maroilles, eh oui ! Une bonne tarte faite maison, miam, que c’était bon.
Quelle gentille personne !
Bien sûr nous avons papoté longuement autour d’un bon thé avant que je ne continue ma route. Nous étions bien tristes de nous quitter. Elle m’a accompagnée jusqu’à la gare et là nous nous sommes dit au revoir. Nous avions tous les deux les larmes aux yeux.
Quelle belle journée !

samedi 22



AAAAHH Montmartre ! Quelle beauté que cette butte recouverte d'artistes, de pâtisseries exquises, de salons de thé, de chanteurs de rue ... et de chats ! Il y en a partout, une véritable invasion ! Mais je me tiens bien, rassurez-vous. Même si l'envie est grande d'en courser un ou deux dès que je change de trottoir.
Un monsieur avec un grand chapeau noir est venu me demander de figurer dans son prochain film ; je l'ai remercié et lui ai expliqué que je comptais faire le tour du monde dans un premier temps. Mais pourquoi pas plus tard ? J'ai pris sa carte.
Je vous laisse en vous embrassant,
votre Charly globe-trotteur.

vendredi 21



SURPRISE !
Ne me cherchez plus dans le jardin ou au bord des champs, je n'y suis plus !
J'ai pris des vacances, le large, la poudre d'escampette ... j'ai décidé d'aller voir du pays. Bien entendu je ne manquerai pas de vous envoyer des petites cartes postales à chaque étape.
La première étant PARIS ! Je ne pouvais pas ne pas aller visiter la tour Eiffel, n'est-ce pas ? Quelle vue merveilleuse ! Mais quel vent, houlala, j'ai bien cru m'envoler. Je me suis dégoté un petit hôtel fort sympathique, et au menu de ce soir, une bonne soupe de cuisses de grenouille, suivie d'un gros os à moelle. MIAM !

lundi 17


Regardez ça les amis, n'est-ce pas un faisan ?
L'autre jour j'ai entendu un drôle de "kroik kroik" venant du terrain vague juste à côté de l'école, alors ce matin je me suis armé de mon appareil photo, et ... il était là ! Juste devant moi !
Voilà une journée qui commence bien.

dimanche 16



Ah ça pour en profiter, j'en profite ...
A demain mon Diabolo !

samedi 15



Lorsque je me suis promené au bord des champs ce matin, les pigeons et les mouettes s'étaient mélangés et picoraient ensemble. A mon arrivée, ils se sont tous envolés dans un grand bruit d'ailes et ont tournoyé autour de moi avant de se reposer exactement au même endroit. Je me suis ainsi retrouvé l'espace d'un insant au beau milieu d'un grand nuage d'oiseaux blancs et gris ; que c'était beau !

J'ai aussi eu 3 cadeaux ! Je me demande bien pourquoi ; ce n'est pourtant pas encore Noël. Un panier bien moelleux, un gros os et un grand noeud, probablement le plus grand de la boutique. Quel jour merveilleux.

vendredi 14

Ce soir j'ai réussi à me sauver !
Ce que c'était chouette ... côté rue cette fois-ci. J'ai couru comme un fou, un coup à droite, un coup à gauche, en aboyant à tue-tête sur quiconque croisait mon chemin.
J'ai piétiné les plates-bandes du petit monsieur d'en face et j'ai tyrannisé tous les chats qui osaient poser un coussinnet sur le bitume.
Quelle joie d'être libre !
Et puis au bout d'un moment l'euphorie retombe, la culpabilité se pointe, le froid, la faim, la fatigue, le remord, l'ennui ... Non je rigole.
J'avais juste envie de ne pas trop me faire disputer. Et puis sait-on jamais, je pourrais très bien retourner au refuge si jamais je tirais un peu trop sur la corde.

mercredi 12

Il parait que je suis beau et que je suis un bon chien fidèle ... Bah on ne le dirait pas, parce que les friandises et les récompenses ne pleuvent pas lourd dans mon grand bol rouge.
Et si j'étais une sale bête insupportable, qu'aurais-je de moins ?
J’ai entendu dire que Lili passe toutes ses journées sur le canapé de ses maitres, vautrée dans les plaids et les coussins. Diabolo a lui aussi le droit de sauter sur son canapé. INJUSTICE !
Mes copines les mouettes sont toujours plus nombreuses dans les champs environnant. On se croirait presque au bord de la mer, les embruns en moins.

dimanche 9

Salut mon Diabolo !
Quelle bonne surprise de te lire ; je suis content que tu aies pu admirer les mouettes. Elles sont si jolies, surtout lorsque les rayons du soleil viennent se refléter sur leurs plumes blanches.
Je n'ai pas eu droit à une grande promenade aujourd'hui ... juste un petit tour pas loin de chez toi et zou, il a fallu faire demi-tour.
Tout ça parce que ma maman a perdu un temps fou à essayer de cuisiner son manioc. Et tout ça pour quoi ? Pour que son satané manioc termine à la poubelle !
Et dire que j'aurais pu avoir moi aussi une chouette balade près des mouettes ...

samedi 8




Ce matin j'ai croisé tout plein de monde en promenade : Utopie et Uranie, Khéops et aussi un autre chien qui ressemble à un husky mélangé.
Les mouettes étaient rassemblées sur le champ de gauche, là où de jeunes poussent sortent de terre ; tandis que sur le champ de droite chahutait tout un groupe de corbeaux noirs.
Je vois moins le petit Micky ces temps-ci ; le pauvre est un peu frileux. Heureusement mon copain Diabolo aime toujours jouer avec moi et chacune de nos rencontres est un vrai moment de plaisir. Parce que la lutte gréco-romaine, y’a que ça de vrai.

jeudi 6



Eh les enfants, avez-vous déjà vu des mouettes ailleurs qu'au bord de la mer ?
Il y en avait tout plein dans un champ ce matin, savez-vous pourquoi ?
Parce que l'agriculteur y a semé des graines, alors ces coquines de mouettes ont attendu son départ, et hop elles se sont donné le mot ! Elles sont toutes venues se goinfrer des bons grains de blé enfouis dans la terre.
Ce matin les nuages étaient descendus jusqu'à nous et ils déposaient sur nos visages de minuscules gouttelettes.
J'aimerais qu'il neige, pas vous ?

mardi 4

Aujourd'hui est un grand jour : les maïs ont enfin été coupés ! J'ai cru que jamais cela n'arriverait. Et dire que de petites pousses vertes sortent déjà de terre dans le champ voisin. Regardez bien : les trognons (rouges) des épis restent sur le sol ... c'est beau la technique. Et le ciel, l'avez-vous vu ? Quelle couleur splendide !




lundi 3 novembre

Il m'est arrivé quelque chose de rigolo aujourd'hui.
Malheureusement je n'avais pas emporté mon appareil photo.
Je me suis livré à une petite expérience, bien malgré moi :
Avez-vous déjà fait vos besoins en haut d'une pente ?
Pour commencer c'est très difficile car il ne faut pas tomber ; il faut bien se tenir sur ses petites pattes et surtout garder l'équilibre.
Et ensuite ... eh bien ça roule !
Sapristi, quelle surprise j'ai eu de voir mes petits besoins se faire la malle !
Ah si j'avais pris tout cela en photo, ça vous aurait épaté autant que moi.


vendredi 31 octobre, suite




Je regrette, je regrette, qu'est-ce que je regrette de m'être sauvé alors qu'il faisait nuit et froid et d'avoir couru dans les champs, dans les rues, et même sur la route. Je regrette d'avoir fait courir cette gentille dame en talons hauts, juste après qu'elle ait failli m'écraser. Je regrette d'avoir fait pleurer ma petite soeur parce qu'elle avait peur de ne plus jamais me revoir. Je suis désolé d'avoir bien rigolé durant une bonne demi-heure.
Si seulement vous pouviez imaginer à quel point ce fut bon ... héhéhé.

vendredi 31 octobre

Coucou les amis,

Me voici de retour !
Non pas parce que ce soir c'est Halloween (je suis bien trop mignon, irréprochable et distingué pour faire peur à qui que ce soit), mais parce que vous finissez par me manquer.
Vous voulez donc plus de photos ; soit.
Je vais dorénavant emporter mon appareil photo lors de mes escapades, ainsi vous partagerez vraiment ma vie. Après avoir lu dans mes pensées, vous verrez ce que voient mes yeux.
C'est beau la technique.
Je tiens à remercier spécialement les deux personnes pour qui ce blog est, je cite, "parfait".

mardi 14

L'été serait-il terminé ?
On dirait bien que les journées ne sont plus si chaudes et les jours de moins en moins longs.
Dans les champs, les maïs sont si secs qu'à chaque coup de vent ils se frôlent et se touchent dans un bruit de papier froissé.

samedi 11

Ah, quel temps estival ! Quel ciel bleu splendide et quelle chaleur !
Les maïs en étaient tous fânés et ne demandaient qu'une chose : que l'on vienne récolter leurs grains dorés et gonflés.
Il faisait si beau que la moitié de la ville était dehors à se dégourdir les pattes.
Et j'ai même croisé mon Diabolo !
Ce matin j'ai mangé toutes les croquettes des chats ! Damned, je me suis fait prendre et j'ai été puni durant quelques minutes qui m'ont paru des heures.
Et ce soir ... j'ai essayé de voler un fromage de chèvre qui était posé sur la table mais j'ai fait trop de bruit, sapristi.

jeudi 9

Ah oui tu peux rire petite Isabelle, parce que ce pyjama rempli de nounours n'est pas digne d'une dame ! Je ne suis pas non plus un vrai gentleman, mais enfin quoi, un peu de tenue !
Tu sais quoi Isabelle, j'ai été quasi exemplaire aujourd'hui ; un vrai chien de faïence. Le prix Nobel du chien irréprochable, voilà ce que j'ai mérité aujourd'hui !
Bon d'accord, lorsque papipol est venu nous rendre visite, j'ai eu du mal à ne pas lui casser les pieds ... ce n'est pas facile pour un chien rustique et sympathique comme moi de me transformer en petit chienchien de salon à sa mémère.
Faut que je bouge moi ! Faut que je fasse voler les murs et trembler les mouches !

Il parait que ma tata Bernadette est allée défiler au salon de l'auto à la tête de 400 manifestants, scandant des slogans telle une révolutionnaire acharnée, le poing levé et la rage au ventre.
Jamais je n'aurais cru cela de tata Bernadette.
On croit connaitre les gens et finalement ... un jour ils vous étonnent.

Moi ce que j'aime, c'est qu'on me caresse et qu'on le tapotte les flancs, c'est tout.
Je ne suis pas un chien désespéré, juste un peu Desperate Andouillette.

mercredi 8

J'aime bien le mercredi parce que c'est le jour du ménage et donc le jour où je suis invité à aller courir dans le jardin en attendant ma promenade.
Et c'est ce que j'ai fait : j'ai galopé en aboyant à tue-tête dans tout le jardin, j'ai hurlé sur tous les passants et sur tous les oiseaux du ciel. Quel vacarme j'ai fait !
Après quelques menaces, ma maitresse a fini par surgir dans son pyjama imprimé nounours, tongs aux pieds, échevelée, hurlante et plumeau en main. Quel tableau ! Les voisins ont dû apprécier.
S'en est suivi une course poursuite à travers le jardin, course que j'ai gagné haut la main, s'il était besoin de le préciser.
Puis je me suis lassé et je suis rentré à la maison ; là elle m'a brossé avant de me pulvériser du produit anti-puces et tiques.
Ah mais c'est que j'ai horreur de ça, moi !
Mon sang n'a fait qu'un tour : j'ai sauté dans toute la maison comme un cabri, que dis-je, une biche amoureuse ! Je faisais des bonds de deux mètres, un vrai champion de saut en longueur !
Les coussins volaient et les fauteuils bougaient comme par magie.
Quelle fête !
Ensuite il a fallu m'attraper et ce ne fut pas chose aisée.
Inutile de vous dire que j'ai fini puni au sous-sol. Alors j'ai fait comme d'habitude, j'ai joué au bon toutou qui regrette, la queue entre les pattes, les yeux larmoyant.
Faut savoir se faire aimer.

mardi 7

Oui Isabelle, c'est formidable d'avoir un ami ! Diabolo et moi avons encore joué comme des fous aujourd'hui.
Hier j'ai vu quelque chose de vilain :
la jolie petite Cannelle a été tondue, affreusement tondue comme on tond un mouton jusqu'à la peau pour récupérer sa laine.
Sauf que personne n'a pu récupérer quoi que ce soit des poils de ma petite cannelle.
Et la voilà nue comme un ver et surtout la voilà qui ressemble à un gros rat.
Son maitre a dit qu'elle porterait bientôt un jogging pour chien.
Si un jour quelqu'un me met un jogging sur le poil, j'en ferai une jolie guirlande.

dimanche 5 octobre

Me revoilà, me revoilà !
Je tiens à m’excusez pour ce long silence et aussi à vous remercier pour votre fidélité.
Il faut que je vous dise tout d’abord que Roméo le mulot n’est plus. Rassurez-vous, je ne l’ai pas envoyé ad Patres. Il est tout simplement parti, parti et pas revenu.
Bien sûr il pourrait très bien réapparaitre ou alors préparer un mauvais coup … mais je ne crois pas. D’après mes amis, il a vu que je l’observais et il a préféré trouver une victime plus facile.
Me voilà donc serein et l’esprit léger !
De plus, j’ai un nouvel ami : Diabolo. Vous savez, le petit chien blanc qui ressemble à une peluche vivante. Nous passons des moments formidables à jouer, à nous rouler sur le sol (enfin surtout lui) et à nous mordiller. Quel plaisir d’avoir trouvé un compagnon de jeu à ma hauteur. Non pas que je me sente supérieur aux autres, loin de là !
Bien au contraire : je me languissais de trouver un jeune chien qui aime jouer, jouer, et jouer encore.
Parce que les conversations sur le sens de la vie, la truffe haute et les oreilles bien coiffées, ce n’est pas du tout mon bol de croquettes.
L’été est terminé mais l’automne arrive enfin, avec ses bourrasques vivifiantes, ses ciels chargés et ses feuilles flamboyantes qui dansent et tourbillonnent follement au gré des vents.

mercredi 24

Eh oui chère petite Isabelle, comme tu dis, il faut se méfier des mulots ... mais le savais-tu, toi, qu'il fallait se méfier des mulots ?
Si j'avais su ... Je ne sais comment me débarrasser de lui. Bien sûr je pourrais tout simplement lui dire "Je t'ai assez vu Roméo de malheur, fais tes valises et va au diable !".
Mai j'ai peur des représailles, vois-tu.
Et figure-toi que le petit Micky m'a grogné dessus l'autre jour.
Heureusement que mon nouveau grand copain Diabolo ne se laisse pas influencer par ce rat d'égout.
Hier soir je me suis fait passer un de ces savons, PPPFFFFF. Et sais-tu pourquoi, petite Isabelle ?
Parce que cette saleté de mulot s'est follement amusé à déchiqueter 3 grands sacs remplis d'herbe tondue. Comme tu le devines, l'herbe est maintenant éparpillée sur le sol et ma réputation est elle aussi gone with the wind.

dimanche 21

Me revoilà enfin !
Désolé pour cette longue absence, mais en ce moment je suis très occupé … à jouer et à dormir.
Ben voui, c’est que je suis en pleine convalescence, moi ! Et lorsque je suis bien éveillé, je surveille le mulot tout en faisant mine d’être occupé à autre chose. Je ne l’ai pas encore pris la patte dans le pot de croquettes, mais cela ne saurait tarder. Je l’ai vu rôder autour du nouveau sac de ma maitresse, et lorsque je lui ai demandé ce qu’il faisait la tête dedans, il m’a répondu d’un air dégagé : « J’ai toujours rêvé d’avoir une besace et celle-ci est semble fort pratique. »
- Pour te la mettre en bandoulière ou pour y installer toute ta famille ? lui ai-je rétorqué.
Parce que vous imaginez bien qu’on peut loger tout un régiment de mulot dans une besace pareille !
Mon ami Micky me suggère de m’en débarrasser au plus vite ; car non seulement il ne semble pas très honnête, mais il commence à vouloir semer la zizanie entre nous : il a chuchoté à l’oreille du petit Kim une sale rumeur à mon sujet. Et comme ce petit est encore fort naïf, il s’est empressé de colporter le ragot à tous les canidés de passage.
Résultat : on me boude, on m’évite, on me dit bonjour du bout des lèvres … quelle injustice !
Je suis à la recherche d’une solution, les amis, alors n’hésitez-pas à me donner quelques bonnes idées.
D’ici là, je vous embrasse,
Votre toujours gentil Charly.

lundi 15

Ca y est les copains, j’ai repris du poil de la bête ! Points de suture, quels points de suture ?
Je ne sens plus rien ; rien qu’un petit gratouillis de moucheron de temps à autre.
Mon petit pékinois préféré m’a sifflé à travers le grillage ce matin ; j’étais si heureux de retrouver son amitié ! D’autant plus que je n’y étais pour rien dans son coinçage de tête. Nous avons parlé un peu et il m’a chuchoté de me méfier du mulot parce qu’il l’avait vu ricaner l’autre jour, alors qu’il souffrait dans son trou de grillage.
Je suis d’accord avec lui ; je vais me méfier de ce petit rat qui ne me lâche plus d’une patte. De plus ma maitresse se plaint de la disparition de certaines de ses affaires … serait-ce lui ?
Et s’il abusait de la gentillesse de bons chiens comme moi, histoire de se constituer un petit magot l’air de rien ?
Ouvrons l’œil, dressons l’oreille et agitons la truffe …

samedi 13

Je me sens tout flagada,
Flagada comme un baton de guimauve.
J'ai des douleurs dans le ventre,
Il n'est plus du tout question que je me sauve.
Mais que m'arrive-t-il, les amis,
Qu'arrive-t-il au chien Charly ?
Les mâles arrogants ne me sont plus insupportables.
Je suis devenu un Charly tout mou et tout affable,
Super mou et peut-être même un peu trop aimable.

jeudi 11

Bonjour petite Isabelle,
je ne vais pas rester longtemps sur cette page car depuis ce matin, je m'endors sans arrêt et sans pouvoir me retenir.
Maintenant je sais ce qu'ils ont fait : ils m'ont enlevé une partie de moi-même ... tu te rends compte ?
Et je ne comprends pas pourquoi ; c'est vraiment injuste et méchant.
Maintenant j'ai droit à tout plein de câlins et j'ai eu droit à une petite friandise aussi.
Et devine qui m'a opéré, petite Isabelle ?
La maîtresse de Cooper ! Oui ! Incroyable non ?
A mon réveil je me suis empressé de montrer mon indignation en arrachant cet affreux pansement que j'avais sur le ventre.
Pour répondre à ta question, Isabelle, le mulot dort entre mes pattes de devant, en rond comme un bébé.
Mais je commence à me poser des questions sur son compte ; est-il aussi mignon et innofensif qu'il en a l'air ?
Depuis que ce rongeur est entré dans ma vie, plus rien ne va plus ...
Et sais-tu ce qu'il a dit lorsque je suis rentré à la maison, vacillant, blessé et suturé, fragile et vulnérable comme le poussin qui vient de naitre ?
" Ben mon vieux, te voilà devenu la moitié d'un homme".

Sont-ce là les paroles d'un ami ?

Je vais me coucher, je n'en peux plus. Je t'embrasse petite Isabelle. Et méfie-toi tout de même des renards.

lundi 8

Ce matin je me suis sauvé, hi hi !
J’ai profité qu’un livreur de je ne sais quoi avait laissé le portillon ouvert pour me précipiter dans la rue. J’ai couru comme un fou dans tout le quartier et j’ai pu marquer mon territoire là où je n’étais encore jamais allé.
Ce que c’était chouette ! Bien sûr ensuite j’ai été privé de promenade … mais je préfère la liberté aux promenades en laisse, alors je n’ai pas été triste.
Ce matin j’ai rencontré Brice, un beau lévrier gris. Il voulait jouer mais j’avais très peur de le casser en deux, alors nous avons fait connaissance de loin. Son maitre a dit qu’il pouvait courir à 70km/heure. Pas mal, non ?
Concernant ce qui m’attend, il y a du nouveau : c’est prévu pour jeudi. J’ai peur … Mais que vont-ils me faire, bon sang ? M’envoyer en Espagne, comme Cooper ? Impossible, je ne suis pas malade et nous ne connaissons pas ces gens-là.
Le petit Micky m’a suggéré de m’enfuir et de rester caché durant quelques jours. Il pourra mettre quelques croquettes de côté et me les apporter discrètement. Puis à mon retour, mes maîtres seront si heureux de me retrouver vivant qu’ils changeront leur projet de je ne sais quoi.
Mais s’ils étaient furieux et décidaient de me ramener au refuge ?
Alors j’ai décidé de ne rien faire et d’attendre sagement … nous verrons bien. Alea jacta es.
Le mulot lui, ne dit rien. Il mange et il dort. Et si ce petit vaurien essayait de prendre ma place ? Je trouve qu’il m’arrive de drôles de choses depuis que ce rat est entré dans ma vie.

dimanche 7

Vous ne devinerez jamais ce que j’ai appris aujourd’hui ! Il s’agit d’une grande nouvelle pour mes maitres et pour moi-même : je ne suis pas le chien le plus stupide du pays. Eh non !
Etonnant, n’est-ce pas ?
Blague à part, j’ai appris ce matin même que notre bon vieux Cooper se faisait opérer environ tous les mois … tous les mois ! Il ne s’en vantait pas, l’animal.
« Mais opéré de quoi ? » a demandé ma maitresse, fort surprise.
« Eh bien … Cooper passe beaucoup de temps à avaler n’importe quoi, et dernièrement, il s’est déchiré les intestins en avalant … du carrelage*. » Du carrelage ! Ha ha ha !
Bon ok, j’ai moi-même tenté de bouloter un caillou cet été …
Ensuite Cooper et moi on a commencé à jouer, et puis on s’est mis à grogner l’un sur l’autre. Je ne sais pas trop ce qui m’arrive en ce moment ; je crois que j’ai les nerfs fragiles.
Sur ce, les deux mamans ont dit en ricanant « Ce que c’est bête les garçons ». Et ma maman a ajouté : « Bon ok, je vais prendre RDV dès demain ».
PPFFF, mais je ne comprends pas ; vous avez une petite idée de ce qui m’attend, au juste ?

(*ndlr : cette histoire de carrelage n'est pas une invention de l'auteur)

samedi 6

Oh la la, quelle journée … Voilà que mon cher ami Micky me fait la tête. La tête vous dis-je !
Voilà ce qui s’est passé : Roméo et moi faisions un petit tour sur le chemin, au soleil, tout en nous racontant les derniers potins en cours, lorsque j’ai entendu un petit jappement que je connaissais bien : celui de mon petit Micky.
Je me suis empressé de venir le saluer, vous pensez, et je lui présenté mon petit protégé. Il m’a regardé l’air surpris, puis a finalement souri. Et pourquoi pas un mulot, mmh ?
Nous avons échangé quelques mots sur sa nouvelle coiffure, puis je me suis avancé vers le grillage pour embrasser mon petit ami. Micky a avancé son museau à travers les trous du grillage, et puis il s’est mis à hurler comme un cochon.
J’ai alors fait un bond en arrière et j’ai constaté qu’il restait coincé là, dans son trou de grillage.
Mais c’est qu’il hurlait en m’accusant de l’avoir coincé là, moi son grand ami !
Ses maîtres ont accouru et après quelques manœuvres et deux coups de pinces coupantes, le petit fut dégagé. Je l’ai regardé de loin, j’étais triste et éberlué. Il m’a lancé un dernier regard empli de haine, puis a détourné sa petite tête avec détermination. Il ne m’aimait plus. Il m’avait cru capable de je ne sais quoi …
- Voilà un drôle d’ami, m’a dit Roméo. Je vous croyais liés comme des coussinets ?
- Mais nous le sommes ! me suis-je défendu. Je ne comprends pas, je t’assure.
Nous avons terminé notre promenade d’un pas rapide ; je n’avais plus du tout envie de folâtrer dans l’herbe.
- Alors on rentre déjà ? m’a demandé la souris.
Nous avons regagné la maison en silence, et une fois dans la maison, j’ai surpris une drôle de conversation … Mes maîtres parlaient d’opération et de vaccin … je sais ce que c’est qu’un vaccin, mais pourquoi une opération ? Et le pire, c’est que ça les faisait rire …
Me coucher avec un bon Lexomil , voilà ce que je vais faire.

vendredi 5

Coucou les amis,
J’espère que vous allez bien ; mieux que moi en tout cas.
Figurez-vous que depuis que le petit Roméo est entré dans ma vie, il m’en arrive de drôles.
Moi qui pensais lui apporter la sécurité … la pauvre doit se dire qu’il a frappé à la mauvaise porte.
Tout d’abord nous avons été réveillés hier matin par de grands cris. « Par ici la serpillère ! Qu’est-ce que tu attends pour couper l’eau ! Les cartons sont fichus ! Et le chien, il faut détacher le chien ! » . Quel raffut, mais quel raffut !
Je sentais le petit Roméo tout tremblotant se blottir contre moi en gémissant. « Mais que se passe-t-il Charly ? J’ai peur ! », disait-il.
Je l’ai rassuré comme j’ai pu : « Ne t’inquiète pas petit, je me charge de régler cet histoire au plus vite ».
« Charly, pousse-toi de là veux-tu ! » m’a alors crié ma maitresse, le pantalon relevé au-dessus des chevilles. « Allez, zou fainéant, du balai ! ».
Bon, mon image de marque en a pris un coup et j’ai conseillé au petit de rester bien caché sous l’établi. Je lui ai promis de revenir dès que la tempête serait calmée.
Environ 20 minutes plus tard, l’ouragan était passé, l’inondation épongée et nos pattes sèches.
« Ben dis donc, ce n’est pas très calme chez toi », a dit Roméo quand je suis revenu le voir.
- Désolé petit, c’est la première fois qu’un tel ramdam arrive, je ne comprends pas. Je t’assure que c’est très calme d’habitude.
La matinée s’est passée agréablement ; je lui ai fait la visite du jardin, je lui ai montré les arbres aux oiseaux, les rosiers qui piquent, les arbustes à éviter et surtout les planques des chats du quartier. Il y en a partout de ces sales bêtes, méfie-toi !
Mais à peine étions-nous revenus qu’une autre catastrophe s’annonçait.
La poubelle s’était renversée sur notre couche, éparpillant ça et là d’innommables détritus.
Je me suis empressé de prévenir ma gentille maitresse, de façon à ce qu’elle règle le problème au plus vite. Il y a justement un gros coussin mauve qui ne sert à rien au fond du garage. Je savais qu’un jour il serait utile à quelqu’un.
Savez-vous ce qui est arrivé ? Elle a balancé mon lit et les détritus dans la grande poubelle rouge, en disant. « Allez hop, nous voilà débarrassés de ce machin plein de puces. Tu dormiras sur la couverture marron, ce sera bien suffisant. »
La couverture marron ? Mais je m’en sers les nuits d’hiver pour recouvrir mon petit corps transi de froid !
Que lui arrive-t-il ? Elle qui donnerait sa vie pour moi, elle qui me couvre de baisers et de flatteries chaque jour … Je suis anéanti.
Même Roméo s’en rend compte.
« Bah dis donc, c’est l’armée ici » a-t-il dit en ricanant.
May day ! May day !

mercredi 3

Merci petite Isabelle d'avoir corrigé mon erreur : en effet il s'agissait de lundi 1er septembre.
Que ferais-je sans toi ! Je me permets de t'embrasser bien fort sur les deux joues.

Aujourd’hui est un jour étrange ; ma grande sœur perd sa clé, ainsi que sa veste et mon papa part travailler sans un sous et sans ses papiers. Concernant la clé, maman a tenu à ce que nous refassions tout le trajet de la veille. Moi qui voulais aller me promener, j’ai été servi.
Nous avons traversé une bonne moitié de la ville d’un pas militaire et nous avons même prit la pluie. Moi qui aime faire mes petites affaires dans l’herbe, j’ai été bien déçu.
Et tout cela pour rien puisque nous n’avons pas retrouvé la fameuse clé.
Puis, en faisant le tour du jardin, quelle ne fut pas ma surprise en me retrouvant nez à truffe avec un drôle de petit mulot gris.
- Adopte-moi ! me dit-il d’une petite voix suppliante.
J’avais du mal à prendre ce quart d’animal au sérieux et je lui ai demandé de répéter.
- Adopte-moi s’il te plait ! Je me sens si seul … je m’appelle Roméo le mulot. Et toi, comment t’appelles-tu ?
- Heu, moi c’est Charly chien, ai-je répondu tout ému.
Et c’est ainsi que j’ai pris Roméo sous ma patte. Là il dort comme un bienheureux. Je me sens tout bouleversé ; me voilà parent à présent. Certes voilà un drôle d’enfant me direz-vous, mais je m’en sens responsable. Et à ce propos, j’aperçois les chattes qui rôdent alors je vais vous laisser en vous saluant bien bas.

dimanche 1er septembre

Ah, enfin tous mes amis sont rentrés ! Quelle joie de les revoir tous, en pleine forme et bien bronzés. Diabolo est parti faire du surf à Biarritz et Paco a fait du canoë dans les gorges du Tarn.
Demain matin c’est la rentrée des classes ; j’ai hâte de retrouver le rythme des sorties.
Et aujourd’hui c’était l’anniversaire de papipol.
Joyeux anniversaire papipol !
La nuit va être courte … j’espère vite me réhabituer ; c’est que je ne suis pas très matinal.
Bonne nuit les petits.

dimanche 31

Alléluia ! Devinez quoi, devinez qui !
Mon vieux copain, ma bonne vieille tête de boxeur irrité est revenu !
Je n’y croyais plus, et jamais je n’aurais imaginé son retour. Pauvre Cooper, s’il savait que j’avais perdu espoir et que je m’apprêtais à tenter de l’oublier …
Bref, notre Cooper est revenu, plus fort et plus en forme que jamais. Nous avons eu le temps d’échanger quelques mots, et voici ce qui s’est passé :
Lors d’une visite de contrôle, le vétérinaire a décelé une importante dysp … dysf … Peu importe, un truc grave qu’il fallait soigner rapidement ; ainsi son départ a été précipité et ses affaires personnelles jetées aux ordures pour une sombre histoire de vilaines bactéries.
Et l’Espagne me direz-vous ? Tout simplement parce que la fille aînée des maitres de Cooper s’est installée là-bas et qu’elle y a ouvert une clinique vétérinaire en compagnie de son mari espagnol.
Alors figurez-vous que pendant que nous nous faisions un sang d’encre ici, môssieur était en villégiature au pays du soleil, bichonné comme un pas-chat, traité comme le roi du pétrole et engraissé comme un émir : tapas au petit-déjeuner, paëlla le midi et sardines grillées le soir !
De plus, le voilà fier comme un coq avec sa nouvelles cicatrice sur l’arrière-train. Un vrai corps de voyou qui va affoler toutes les filles du quartier. Je peux dire adieu à ma popularité.
Je vous laisse à présent car il me faut courir propager la bonne nouvelle.

samedi 30

Salut à tous,
J’espère que vous allez aussi bien que moi. Comme convenu, je suis allé faire un tour du côté de chez Tim et, ô joie, il espérait ma venue et ne dormait que d’un œil.
Nous nous sommes tout raconté et nous nous sommes fait tout un tas de bisous ; c’était si bon !
Tim est un vrai copain ; non pas que j’aie oublié Micky, Diabolo et les autres, mais je précise que Tim est un chien à ma taille, et que lorsque nous étions autorisés à jouer ensemble, nous pouvions courir, chahuter et tester nos forces sur un pied d’égalité.
J’ai raconté mon séjour en Provence, et lui m’a raconté son séjour en Allemagne. Le pauvre s’est fait harceler par une grosse allemande qui lui a chanté des airs folkloriques de sa région durant deux longues semaines, en plus de lui offrir chaque matin un chapelet de saucisses dans l’espoir d’obtenir ses faveurs.
Je lui alors avoué que j’avais moi aussi un peu souffert ; l’amoureux de ma mémé ne chantait pas mais il aimait beaucoup déclamer de longues phrases d’environ 350 mots, et ce depuis le lever jusqu’à son coucher. Et même pas pour obtenir quelque faveur … Allez donc savoir pourquoi.
A chacun ses souvenirs.
Nous avons aussi évoqué nos souvenirs heureux et notre ami Cooper qui va, semble-t-il, être remplacé par un autre. Jamais nous ne saurons ce qui lui est arrivé, ni pourquoi il a été vendu à un trafiquant espagnol.
Nous avons versé une petite larme, reniflé de la truffe, puis nous nous sommes quittés car le ciel commençait à rosir légèrement.

jeudi 28

Que ces journées de fin d’été sont longues, et que j’ai hâte que l’école reprenne, que je puisse de nouveau croiser tous mes amis à poils et à quatre pattes.
Ce matin j’ai eu le plaisir de voir Tim, mon cher copain Tim. Sa maîtresse marchait d’un pas rapide et militaire tout en regardant droit devant, ein zwei, ein zwei, alors il en profité pour revenir sur ses pas afin de venir m’embrasser le museau et me prendre dans ses pattes.Quel ami sincère !
Mais ce moment de bonheur n’a duré que quelques secondes car au loin le cerbère pouvait se retourner à tout moment, et sa colère s’abattre sur le dos du pauvre toutou. Tim est reparti à toutes pattes, rapide comme le vent. Ce petit geste d’amitié doublé de cette prise de risque m’a touché et a suffi à illuminer le reste de ma journée.
Lorsque tout le monde sera endormi, j’irai faire un tour du côté de chez lui. Avec un peu de chance, nous pourrons discuter tranquillement et nous raconter nos vacances.
On entend partout « Le chien est fidèle à son maître jusqu’au bout », mais on oublie que le chien a un cœur et qu’il aime ses amis tout autant. Mais ça, les hommes ne veulent pas le savoir.

mardi 26

Je me sens tout chose ; j’ai du mal à manger la totalité de mes croquettes multicolores survitaminées et je me traine de pièce en pièce en poussant de longs soupirs. Ca sent la fin de l’été. Terminé la course aux papillons et les longues siestes au soleil.
Je devrais me réjouir, me direz-vous ; car l’école va reprendre et les promenades avec. Mais quand ? Je compte les jours et je ne vois rien venir … Et Micky, Pooky, Diabolo, où sont-ils donc ? Et s’ils ne revenaient jamais ?
Je ne suis même pas allé en Espagne, comme je m’étais promis de le faire. En passant devant le jardin de Cooper ce matin, j’ai aperçu ses maitres qui se réjouissaient de l’arrivée d’un animal. Vous vous rendez compte ! Un autre animal va prendre la place de notre Cooper ; Cooper qu’ils ont lâchement vendu à des étrangers. Je n’ose imaginer ce que ces sauvages en ont fait. Du Canigou pour chat ?
Ce midi j’ai vu à la télévision une truie toute rose prénommée Samantha, allongée sur le canapé de ses maitres. Un cochon sur un canapé ! Et pourquoi pas une chèvre au gouvernement ?

dimanche 24 août

Charly’s back !
Que je suis heureux d’être de retour chez moi !
N’allez surtout pas croire que mes vacances se sont mal passées ; elles furent bien au contraire fort intéressantes et parfois même reposantes.
Nous avons visité le Lubéron, une magnifique région de Provence.
Là-bas, les villages sont accrochés aux flancs de la montagne ou alors ils sont perchés tout en haut, et il faut grimper, grimper, grimper, et s’user les coussinets sans broncher. Mais une fois en haut, quelle vue !
Le petit village où nous étions, croyez-le ou non, ne comptait pas moins de 6 épagneuls bretons dans chaque rue, sans compter tous ceux que je n’ai pas vus ; un vrai repaire. J’ai bien tenté de leur expliquer que le basset fauve de Bretagne méritait le respect de l’épagneul de salon à truffe rose, mais ces idiots aboyaient si fort qu’ils n’entendaient pas un mot de ma prose.
Et puis j’ai découvert le fromage ; le fromage de minuit. Connaissez-vous cette pratique ? Pour ma part, c’était la première fois que j’y avais droit ; probablement parce que je suis un chien irréprochable.
Une fois le petit laitier avalé, je m’effondrais et je dormais comme une bûche jusqu’au lendemain. Et depuis que nous sommes rentrés, terminé. Plus le moindre petit morceau de fromage, pas même un bout de croute. J’avoue ne pas comprendre.
Depuis mon retour, je n’ai encore croisé personne ; personne qui fasse partie de mes amis.
Le Lubéron est un vivier d’épagneuls bretons et de bestioles qui sautent un peu partout. Des criquets par centaines qui bondissent en tous sens dès que l’on pose une patte au sol, et que je happais joyeusement. J’en ai bien mangé 300.
Pour votre prochaine dissertation, les enfants : le Coulommiers et les criquets, deux grandes spécialités du Lubéron.

dimanche 27

Quelle chaleur les petits zamis, mais quelle chaleur ... tellement chaud que la balade a été un peu difficile. Je n'avais même pas plaisir à courir ; l'air brûlant me brûlait la bouche et je n'avais qu'une envie : m'arracher tous ces longs poils épais que j'ai sur tout le corps !
La petite Pépita m’a salué et je suis allé l’embrasser ; elle est si mignonne.
Vous savez quoi ? Les blés ne sont toujours pas coupés … mais qu’attendent-ils ? Qu’ils se consument sur place ?
D’ici quelques jours je serai parti en vacances dans le Lubéron ; j’entends dire que c’est très beau et qu’on aura chaud. J’espère qu’ils ont pensé à moi, hé ho, pas de blague ! Parce que moi les vacances culturelles et les visites à la gomme avec un casque sur les oreilles et un guide dans les mains, appareil photo autour du cou, non merci.
Enfin voilà, bientôt la page de Charly restera blanche, et ce pour 3 semaines. Mais je ne vous oublierai pas, je penserai bien à vous et … j’irai peut-être faire un tour au pays des castagnettes et des tapas.
Quoi que je fasse, je vous le ferai savoir sur cette page.
Je vous souhaite de bonnes vacances,
Votre dévoué Charly.

jeudi 24

Ah Kitty Kitty Kitty ... quel joli prénom, et quelle femme !
Kitty est le doux prénom d'une femelle labrador de quelques années de plus que moi. Ce qui ne nous a pas empêché de nous amuser comme des fous.
Dès le premier regard nous avons compris que nous étions faits l'un pour l'autre. Nous nous sommes roulés dans l'herbe, nous nous sommes maintes fois léché le museau, nous avons partagé la même eau et nous nous sommes reposés côte à côte lorsque nous étions trop épuisés pour continuer nos cabrioles.
Mais cette jolie fille vit chez Keiko, une amie de ma maitresse.
Je sais que nous nous reverrons, mais quand ?
Ah, les amours de vacances ...

mercredi 23

Ah, quelle matinée du tonnerre !
Ce matin ma maitresse a décidé de jouer avec son taille-haie et elle y a passé pas mal de temps ... et moi dans tout ça j'attendais, j'attendais, et sa satanée machine jamais elle ne lâchait !
Alors j'ai profité de la petite porte ouverte pour me sauver, hi hi hi !
J'ai détalé comme un lapin ! Quelle fête les amis !
Je sais que ce n'est pas bien, mais qui peut résister ... j'ai donc couru comme un petit fou un peu partout, j'ai fouiné partout où j'ai désiré le faire, j'ai sautillé dans les blés comme un jeune lièvre, je me suis roulé dans les herbes folles ...
Puis j'ai croisé une jolie femelle bergère des Pyrénnées, et là j'ai stoppé net mon attitude de petit chiot. Je me suis conduit en adulte et je l'ai suivie tout le temps qu'elle s'est promenée.
Et là ... là son gentil maitre m'a reconduit chez moi ... où m'attendait ma maitresse, brandissant son taille-haie, le visage rouge et l'oeil menaçant. Brrr.
Je suis rentré en prenant mon air penaud mais au fond de moi j'étais fou de joie ; et même si je suis privé de sortie aujourd'hui, cela m'est égal et je peux vous dire que je ne regrette absolument rien.
Par contre, ce sont les arbustes qui ont essuyé la colère de ma maitresse ... les pauvres sont maintenant méconnaissables.
Désolé les p'tits gars.

mardi 22

Bonjour petite Isabelle,
toi aussi tu m'as manqué !
Aujourd'hui j'ai retrouvé mes petites habitudes, mais pas mes petits copains ... ils sont tous partis en vacances, quelle tristesse !
Les journées sont bien longues et mes longues promenades sont bien étranges ; je ne rencontre pas âme qui vive et l'herbe jaunie me donne l'impression d'être dans un territoire dévasté et deserté.
Mon pauvre Cooper doit avoir bien chaud en Espagne ; l'herbe doit y être plus sèche encore et la solitude bien pénible à supporter.
Pense-t-il au moins à nous ? Je l'espère. Et j'espère surtout qu'il n'a pas perdu espoir de nous revoir un jour.
Ma Prune des champs me manque, même si elle m'a souvent montré les crocs et mordillé les mollets ; elle a su toucher mon petit coeur de chien.
Mais je ne suis pas triste, j'ai juste hâte de partir moi aussi.
Micky est parti en Yougoslavie car la fille de ses maitres se marie ; la fête va durer 2 jours ... quel veinard !

lundi 21

Me revoilà les amis !

Si je me suis absenté quelques jours, c'était pour aller découvrir le monde.
Oui, le monde !
Et il était loin ce monde, très loin, au pays des volcans et des forêts de sapins.
Un pays avec des drôles d'animaux que je ne connaissais pas : des vaches et des chèvres.
Et j'ai aussi dormi à l'hôtel, oui messieurs dames, à l'hôtel !
Et comme c'était la campagne, j'ai découvert les joies de courir dans les champs, de manger des crottes de lapins bien parfumées et de courir après Prune, une jeune Border-Colie.
Quel tempérament, cette Prune ! C'est comme ça les filles de la campagne, elles sont futées et elles courent très vite.
J'en ai appris des choses en deux jours ! J'ai hâte d'y retourner.
J'ai même réussi à voler un os de cochon, hi hi ! Mais j'étais mal caché, mon derrière dépassait du buisson et je me suis fait attraper comme un vulgaire débutant.

Et je ne vous ai pas parlé de ma journée chez tata Monique : un vrai régal !
Nous nous sommes goinfrés de courgettes du jardin, de haricots du jardin, de fraises du jardin et aussi de viande grillée sur une pierre. Quel festin !

Vous savez quoi, j'ai pour projet d'aller faire un petit tour près de la frontière espagnole ... mais chut, tout cela reste entre nous.

Mardi 15

Hé les amis, vous savez quoi ? J’ai revu mon petit Micky, en pleine forme !
On a discuté cinq minutes à travers le grillage, et puis voilà.
Ensuite j’ai eu droit à une heure de voiture, sous une chaleur insupportable, pppfff. Enfin j’étais ravi d’accompagner ma maman dans son déplacement ; nous sommes allés chercher notre papy à la gare.
Une fois de retour, je me suis écroulé comme une masse.
Et jeudi nous retournons chercher papy Paul pour aller passer la journée chez tata Monique. Chouette ! J’ai cru comprendre qu’elle a un très grand jardin qu’elle tond avec un petit tracteur. Pourvu que j’aie le droit de gambader où je veux.
Et pourvu que j’y trouve quelques chats à courser.

pour Isabelle

Bonjour chère petite Isabelle,
Ainsi tu es en vacances dans un camp ; j'espère que tu t'y amuses bien.
Mais quel est donc ce lieu fantastique où les marcassins s'approchent des enfants et où les crapauds s'aventurent dans les maisons ?
Certainement un endroit paisible et amical pour que mes amis les animaux aient envie d'y venir.
De plus vous allez faire un feu d'artifice ? Quel petit coin de paradis !

Avec les petits marcassins j'aurais fait comme vous, j'aurais joué avec eux quelques minutes, et puis je les aurais vite chassés. Tout le monde sait qu'une laie furieuse est très dangereuse.

Ici je viens de faire une grande promenade mais je n'ai croisé aucun ami ... je n'aime pas beaucoup ces périodes de vacances, tous mes horaires sont chamboulés. Les blés ne sont toujours pas coupés mais cela ne saurait tarder car ils sont maintenant très secs.

Dis moi petite Isabelle, toi qui es une lectrice fidèle, que crois-tu qu'il soit arrivé à mon ami Cooper ?
Je me permets de t'embrasser bien fort sur les deux joues,
ton ami Charly-chien.

lundi 14

C’est le 14 juillet ! Avez-vous vu le défilé ? Quel spectacle, quelle coordination, quelle précision !
J’en étais tout retourné … moi qui aie déjà du mal à marcher au pas et à obéir.
Et ces uniformes … magnifiques. Et ces parachutistes qui ont déjà sauté des milliers de fois … bouh, jamais je ne pourrais sauter de si haut !
Et Carla ? L’avez-vous vue dans sa robe violette ? Très belle robe et très beau chignon. Je n’aime pas trop cette couleur, mais bon …
Je n’ai pas tout vu car il a fallu aller s’occuper des chats de Florence ; non seulement ces chats ne m’intéressent pas vu qu’ils restent toujours cachés quelque part, mais il me faut en plus rester attaché à un arbre comme un vulgaire chien méchant.
Du coup je me suis vengé en aboyant durant 5 bonnes minutes. Na.
A propos de chat, connaissez-vous l’origine du mot fanfaron ? Ce nom vient de l’espagnol fanfarron, lui-même dérivé de l’arabe farfàr, qui signifie « agiter des ailes, papillonner ».
Et j’en profite pour vous rappeler la définition de chat, euh non,
hé hé, de fanfaron : Personne qui fait plus de bruit que de besogne, qui se vante et fait le brave. »

dimanche 13

Je viens de lire un article sur les plages d’Ibiza … l’île passe de
150 000 habitants l'hiver à 1 million l’été.
Et que font tous ces gens, me demanderez-vous ? Ils dansent … ils dansent jour et nuit sur des musiques rythmées, trop rythmées, à demi-nus, pour ne pas dire nus pour certains. Et ils boivent aussi.
Et mon Cooper qui est parti dans ce pays où l’immoralité règne en maître … pourvu qu’il ne soit pas sur cette île de débauche, mais plutôt aux côté d’une vieille duègne toute de noir vêtue. Au moins serait-il à l’abri des mauvaises influences ibzaiennes.
Aujourd’hui il fait un temps … de chien. Avec ma maitresse nous sommes sortis et à peine eûmes nous marché 50m qu’un gros nuage gris se soulageait sur nos pauvres têtes. Retour à toutes pattes.
Tim ? Parti en vacances. Micky ? Le moral dans les coussinets. Diabolo ? Pas de nouvelles.
Alors j’attends, j’attends que le soleil et mes amis reviennent.
Un seul être me manque et tout est détrempé.

samedi 12

Chère Isabelle, merci pour tes petits messages qui me font toujours chaud au cœur. J’avoue que cette expression est de mon invention … en effet, a-t-on déjà observé le comportement de la teigne en société ? Non bien sûr. Et si ça se trouve, il en existe de charmantes.
Par contre, nous avons tous déjà vu l’effrayante trombine de la murène qui surgit de son trou dès que l’on ose s’approcher de chez elle, toutes dents dehors … quel sens de l’accueil ! Quelle hôtesse modèle !
Alors voilà, n’hésite pas petite Isabelle à utiliser cette nouvelle expression. Et si ton professeur te dit que tu t’es trompée, tu pourras lui expliquer toute l’histoire.
Ce matin j’ai de nouveau croisé cet horrible chien grimaçant … quelle tristesse … mais qu’est-ce qui leur est donc passé par la tête ?!
Le petit Micky était lui aussi tout prostré ce matin, sur son petit coussin. Il avait le nez enfoui dans les trèfles et il laissait les petites guêpes voleter près de sa truffe sans bouger. C’est vous dire s’il était abattu. Pour ma part, j’ai défoulé mes nerfs sur le paillasson et je me suis fait gronder.
Hi hi ! Vous verriez la tête du paillasson ! « Welcome » qu’il disait !
Avez-vous regardé Koh Lanta ? Ces humains sont bien étranges … dès que leur ventre se vide, ils voient des mouches et des papillons partout, pleurent, se sautent presque à la gorge et montrent les dents. Pire que des loups, ma parole.

vendredi 11

Si je n’ai pas écrit hier, ce n’est pas parce que j’étais parti en vacances, ni parce que la connexion internet était coupée, ni parce que je m’étais cassé les pattes avant, mais parce que j’étais trop déprimé pour faire quoi que ce soit.
Figurez-vous qu’en faisant ma promenade habituelle, j’ai croisé les maitres de Cooper … en compagnie d’un nouveau chien ! Oui, vous avez bien lu, UN NOUVEAU CHIEN !
Un berger allemand ! Pouvez-vous le croire ? Un stupide berger allemand fier comme un coq et mauvais comme une murène. Ce butor a grogné lorsque je suis passé, et son maitre l’a laissé faire …
J’ai terminé ma promenade le cœur lourd, très lourd. Je n’ai pas reniflé le moindre brin d’herbe ni reniflé au vent, ni même vu si les blés avaient été coupés … je me fichais de tout.
Ils avaient remplacé notre ami par ce chien qui n’avait pas l’air tout jeune, ni tout gentil.
Mes amis doivent l’avoir vu, et eux aussi doivent être bien en peine.
Hier ma maitresse a rapporté des délicieuses pâtisseries orientales de chez son amie Zohra ; j’étais si triste que je n’ai même pas tenté d’en voler une.
Ce soir il y a Koh Lanta à la télé … il faudrait que je pense à m’inscrire ; bon chasseur et bon coureur comme je suis, j’ai toutes les chances de gagner.

mercredi 9

Bonjour petite Isabelle,
comme je suis content de constater que tu es une lectrice fidèle et attentive. Pour répondre à ta question, non je ne pense pas quitter mon pays, et ceci pour plusieurs raisons :
Tout d'abord je n'aime pas la paëlla, je n'aime pas non plus la tauromachie, et puis j'aurais bien trop peur de me faire enlever ; je suis si mignon et si spirituel ... plus sérieusement, je n'ai pas de passeport, ni de carte d'identité, et je ne tiens pas à entrer sur un territoire en tant que clandestin, comprends-tu ?
Par contre, j'aimerais aller en Allemagne car j'aime la choucroute et j'ai entendu que les allemands nourrissaient leurs chiens de saucisses et de pommes de terre ... enfin il ne faut pas toujours croire tout ce qu'on entend. En attendant je reste en France, voilà pour ta question ma petite Isabelle. Je me permets de t'embrasser sur les deux joues et je te dis à bientôt.
J'adore les enfants !

J’ai enfin passé une bonne nuit sereine, ce qui ne m’était pas arrivé depuis longtemps. Parce que c’est ce que j’ai décidé de croire : que certains chercheurs espagnols sont en train de guérir notre Cooper, notre bonne tête de boxeur préférée.
Ce mois de juillet s’annonce plutôt triste côté promenades ; je n’ai pas croisé un seul ami depuis presque une semaine. De plus mes horaires de promenade sont complètement anarchiques, et c’est à croire que mes sorties ne correspondent pas du tout à celles des autres.
Et je ne vous parle pas des maisons aux volets clos et aux pelouses jaunies ... elles semblent abandonnées, désertées.
Dans les champs, les blés ne sont toujours pas coupés et les faucons planent au-dessus de ces étendues qui regorgent de bon grain, et donc de petits rongeurs.
La femme du président de la république est un mannequin qui chante et qui joue de la guitare … n’est-ce pas étrange ? Je la trouve bien jolie cette petite Carla, mais aime-t-elle les chiens, au moins ?

mardi 8

Ouf, je ne suis plus puni ; ma maitresse a même décidé de me faire confiance en me rendant plus responsable … c’est-à-dire que j’ai eu droit de marcher sans laisse sur 50 mètres … hi hi ! Si elle savait tout ce que je suis capable de faire sans elle ! Bref, j’ai fait celui qui découvrait la liberté et je suis resté sagement à ses côtés pendant qu’elle me couvrait de félicitations exagérées.
A croire que j’avais obtenu mon bac avec mention.
Notre Cooper est donc quelque part en Espagne. J’ai bien sûr passé l’information à mes amis Tim, Micky et aussi au petit Diabolo. Et là le petit Micky a pétillé des prunelles :
- L’Espagne ? J’ai vu l’autre jour un reportage au journal du soir : un laboratoire de Madrid a mis au point un médicament qui guérirait certaines maladies dégénératives et héréditaire du chien.
- Vraiment ? Et quel rapport avec Cooper ? a demandé Tim.
- Je crois que son opération de la hanche est une conséquence d’une maladie rare … transmise par sa mère, il me semble.
Autant vous dire que le petit pékinois nous a remis du baume au cœur … Cooper serait donc peut-être en de bonnes mains ? Des mains secourables ? C’est ce que nous préférons croire pour le moment. Mais pourquoi avoir fait disparaitre ses affaires personnelles ?

lundi 7

Coucou à tous,
Comment allez-vous ? Mieux que moi je pense … car j’ai bien sûr été puni d’avoir quitté la maison, malgré le petit mot que j’avais laissé. Ces bêtes humains ont cru que je leur avais volé un courrier et que je l’avais ensuite déchiqueté …
Bref, j’ai passé la journée attaché au sous-sol et je n’ai eu droit qu’à une seule promenade, et sous la pluie encore.
Et pendant que je me morfondais sur mon coussin, ma maitresse est allée au restaurant se régaler de saumon … quelle injustice.
Alors voilà, je n’ai pas grand-chose de nouveau à vous raconter sur notre ami disparu. J’ai passé la journée à penser à lui et souvent mes yeux se sont embués et j’ai même reniflé de la truffe.
J’espère retrouver ma liberté dès ce soir, ou demain peut-être …
En attendant, je vous salue bien et vous dis à demain,
Votre dévoué Charly.

dimanche 6

Je me sens vraiment seul ; mes petites maitresses sont parties et je suis resté coincé plus de 24h derrière cette fichue bouteille qui contenait un chien mort … il y a vraiment de quoi déprimer.
Et quand je pense à mon Cooper, retenu prisonnier au pays des taureaux et du chorizo … Si je m’écoutais, j’irais de ce pas. Je me cacherais dans une soute à bagages et je me laisserais emporter là-bas. Et je le retrouverais, foi de Charly, car la meilleure truffe de toute la région, c’est bien moi !
Qui a retrouvé les gants rouges de la petite Marion la veille de Noël, en pleine cohue ? Qui a débusqué les voleurs du gigot de madame Pichon ? Qui a retrouvé le doudou du petit Romain ? Mmh ?
Même si j’avoue ne pas avoir résisté à la tentation de manger le gigot après avoir fait déguerpir les deux chenapans, je reste tout de même le meilleur chasseur du coin.
Je suis donc resté coincé là quelques heures encore, à attendre une information supplémentaire. Mais le téléphone n’a jamais sonné ; en tout cas pas en ma présence. Mais je sais maintenant une chose, c’est qu’il est vivant et qu’il n’est pas juste là-bas en touriste ou en tant que future enveloppe de coussin de luxe. Les vétérinaires aiment les animaux et ils l’ont envoyé là-bas de leur plein gré.
Mais qu’ont donc les espagnols que nous n’avons pas ?
Lorsque je suis rentré, j’ai dévoré mon bol de croquettes pour chien en pleine forme et vidé ma gamelle d’eau. Que c’était bon de retrouver son chez-soi et ses effets personnels !
Mais mon bonheur fut de courte durée car mes maitres n’ont pas tardé à pointer leurs grands pieds et à me chanter Ramona sur tous les tons.

samedi 5

Eh oui chère Isabelle, comme tu le dis si bien, je ne suis pas un yorkshire, et je n'en reviens pas moi-même d'être parvenu à une telle prouesse. Ca fait du bien d'être soutenu et encouragé par de charmantes jeunes filles qui comprennent bien à quel point je me donne du mal. Merci petite Isabelle, merci encore. :-)

J’en ai vu des frères et des sœurs souffrir et supplier, j’en ai vu qui avaient peur et qui pleuraient. J’avais envie de leur crier de tenir bon, de se laisser faire car ces mauvais moments avaient un but : les soigner et leur sauver la vie.
Mais au lieu de cela je fermais les yeux et tentaient de ne pas entendre tous ces cris déchirants.
Ce fut vers quatre heures de l’après-midi, après avoir pris une petite pause café-Pépitos, que l’une des assistantes évoqua l’affaire qui nous intéresse.
- Nous devrions avoir des nouvelles de Cooper aujourd’hui ; j’espère que cette pauvre bête tient le coup.
- Et qu’il ne souffre pas de la chaleur … il fait très chaud ces jours-ci en Espagne, a ajouté sa collègue.
En Espagne ! Cooper en Espagne ! Mais pourquoi … ils avaient envoyé notre ami dans cette contrée éloignée et hostile ; ce pays où nos amis lévriers sont sauvagement assassinés et torturés, attachés à des arbres, pattes cassées, où ils mourront de soif et d’épuisement, le tout dans l’indifférence générale …
Certes notre Cooper n’est pas un frêle lévrier mais tout de même, il pourrait tomber entre de mauvaises mains et subir de mauvais traitements. En Espagne … quelle idée … ses maîtres le savaient-il seulement ?

vendredi 4

Mes chers maitres, je pars pour deux ou trois jours. Ne me cherchez pas et surtout ne m’en voulez pas. J’ai une affaire urgente à régler. Votre chien qui vous aime, Charly.
Bien entendu, ils ne comprendront certainement pas grand-chose à ce mot fort mal écrit … a-t-on déjà vu un chien tenir un stylo ? Enfin j’espère qu’ils ne me puniront pas trop longtemps.
J’ai donc laissé ce mot sur mon panier et je suis parti avant le lever du soleil, seul. J’ai couru aussi vite que j’ai pu jusqu’au cabinet du vétérinaire et j’ai attendu. Attendu qu’ils arrivent tous et que les portes s’ouvrent enfin.
Vers dix heures la salle d’attente a commencé à se remplir de chiens, de chats et d’animaux de tout poil, ce qui m’a permis d’entrer dans le bâtiment, en me faisant passer pour un chien accompagnateur.
Puis, vers onze heures, la porte du laboratoire s’est ouverte et j’ai profité d’un instant d’inattention de la part du grand manitou en blouse blanche, pour me glisser dans la pièce, où je me suis caché entre un gros flacon de formol contenant un petit chien blanc et un vieil ordinateur apparemment hors service. N’étant pas un petit chien passe-partout, j’ai dû déployer des trésors d’ingéniosité pour rester camouflé sans risquer la phlébite, le tour de rein ou la crampe foudroyante.
Ma cachette m’a ainsi permis d’entendre absolument toutes les conversations des médecins vétérinaires et des assistantes. J’en ai appris des choses, et pas des plus jolies ! J’aurais de quoi remplir le recueil des cancans et des indiscrétions de l’année.
La journée a été très longue et la soif m’a plus d’une fois taraudée, mais il a fallu que je tienne bon. J’ai profité de la pause déjeuner de l’équipe pour me dégourdir les pattes, m’étirer le dos et me remplir la panse de Croquettes pour chien asthmatique - faut bien se nourrir.
Vers quatorze heures j’étais de nouveau à mon poste, recroquevillé comme un rat qui ne veut pas se faire prendre.

jeudi 3

Ca y est, la petite est partie aussi, alors me voilà presque seul dans cette grande maison. La grande est partie à la montagne et la petite part pour la mer. Je n’ai connu ni l’une ni l’autre mais je peux imaginer à quel point ça doit être beau et grand.
Et j’espère bien y aller un jour ; lorsque je serai vieux et perclus de rhumatismes, mes maitres m’y emmèneront peut-être, pris dans un élan de générosité et reconnaissants à mon égard d’avoir été un si bon chien …
Pour en revenir à nos moutons (un jour, les enfants, je vous raconterai d’où vient cette expression), nous nous sommes tous retrouvés devant chez Tim : Micky, Diabolo et moi-même. J’ai hésité avant d’accepter le petit Diabolo dans cette aventure, parce que le refuge des Alouettes est à environ 5km d’ici et que les jeunes chiots surestiment souvent leurs forces.
Mais il a été si persuasif que je me suis laissé adoucir.
Nous avons coupé à travers les champs de blé et de maïs pour arriver jusque là-bas ; c’était si agréable ! Les épis de blé sont à point, d’un beau jaune doré et portant des épis bien formés.
Quant au maïs, il est encore vert et les épis pas encore formés mais les tiges sont si épaisses et vigoureuses qu’elles promettent de nous donner de beaux grains.
Diabolo et Micky sont arrivés fort essoufflés aux Alouettes, mais leur volonté à toute épreuve a vite repris le dessus.
- Charly, quelle bonne surprise ! a crié Jeff lorsqu’il m’a aperçu.
- Salut Jeff, je suis bien content de te revoir, comment vas-tu mon vieux ?
- Comme tu le vois, je suis toujours là et ça me plait ; je pense d’ailleurs y rester jusqu’à la fin. Tu n’es pas venu seul ; que se passe-t-il ?
- Un de nos amis a disparu et nous sommes à sa recherche ; un bouledogue jaune et blanc du nom de Cooper avec une grande cicatrice sur les reins.
- Je suis désolé pour vous mais cela ne me dit rien …
- Toi qui connais du monde, peux-tu te renseigner sur …
- Désolé encore, mais j’ai arrêté de fréquenter ces gens-là, trop dangereux …
Vous imaginez ma déception ; Jeff était mon dernier espoir. Cooper avait été emporté loin d’ici et plus personne ne pourrait nous renseigner à présent.
A moins que …

mercredi 2

Enfin il a plu ! Non pas que j’aime la pluie, ne vous méprenez pas, mais l’herbe jaune et sèche n’est pas franchement agréable à mes coussinets. Et qui aurait envie de se rouler dans une herbe aussi confortable qu’un lit de paille rêche ?
Et cette odeur de terre mouillée, quel bonheur !
Vous ai-je déjà parlé du petit Diabolo ? Un petit shi tzu rigolo dont la maitresse est une jolie et gentille petite fille. Diabolo ne connaissait pas Cooper mais il est prêt à nous aider ; ce que j’aime chez les jeunes chiens, c’est leur inclination pour l’aventure.
J’entends qu’Ingrid Bétancourt a été libérée ; c’est une bonne nouvelle, n’est-ce pas ? Mais que vont devenir les milliers d’autres toujours retenus dans la jungle ?
J’ai peur que Cooper n’ait été vendu à un laboratoire … et s’il finissait sous la coupe de trafiquants de chiens ? Il parait que certains chiens sont recherchés pour leur pelage ; on en recouvrirait des coussins pour canapés de luxe. Vous vous rendez compte ?
Et s’ils s’étaient débarrassés de Cooper juste parce qu’ils en avaient assez de lui et de ses petites manies de bouledogue vieux garçon ? Et s’ils l’avaient abandonné au refuge du coin ?
Demain nous nous rendrons au refuge des Alouettes, c’est le plus proche et je connais l’un des deux cerbères, une espèce de gros nounours à tête de tueur à gages.
Ce soir nous avons mangé des crêpes ; c’est chouette le mauvais temps.

mardi 1er juillet

Comme prévu, nous nous sommes retrouvés hier dans le jardin de Cooper, et miracle, la fenêtre de la cuisine était restée entrouverte. Mais attention, c’est qu’il y avait de la lumière dans le salon, c’est-à-dire qu’il a fallu être extrêmement silencieux et discret. Et cela, même pour un petit pékinois, ce n’était pas gagné.
Enfin même s’il s’était fait prendre, il aurait pu faire semblant de s’être trompé de maison, ou encore les supplier de lui pardonner son intrusion et leur demander des nouvelles de son pauvre ami disparu.
Toujours est-il que le petit Micky ne s’est pas fait prendre et qu’il a réussi sa mission : entrer et trouver des informations sans se faire pincer.
Parce que figurez-vous les enfants, que le petit futé a entendu de drôles de choses : le maître de Cooper était au téléphone et tenait une conversation qui disait à peu près ceci :
Espérons qu’il tiendra le coup et que nous ne regretterons pas notre décision … Il ne faut pas être triste, il ne nous en voudra pas.
Alors, qu’en pensez-vous ? Pour ma part, j’en suis tout retourné ; à croire qu’ils ont vendu Cooper ou qu’ils l’ont échangé contre … de l’argent ? Un autre chien qui viendra bientôt le remplacer ? Je n’arrive pas à imaginer une telle horreur.
Sur le chemin du retour, une chouette est venue voler tout près de nous. Elle est passée au-dessus de nos têtes silencieusement et majestueusement. Etait-ce un signe ? Les chouettes ne s’aventurent guère par ici.

lundi 30

Quelle chaleur, pas bon pour les chiens, ça. Alors vous savez quoi, j’ai passé l’après-midi à dormir, complètement abattu. De son côté, le petit Micky n’a pas quitté le carrelage frais de sa cuisine.
Pour en revenir à notre Cooper, il y a peut-être du nouveau : Kim, le King Charles qui vit tout près de chez Micky, nous assure avoir vu un chien ressemblant à Cooper entrer sous la menace dans une camionnette immatriculée à l’étranger. Je ne mets pas en doute la parole de ce petit chien, mais il n’a pas encore quatre mois, s’endort à chaque fois qu’il s’allonge et n’a pas vraiment connu notre ami. De plus, sait-il faire la différence entre un bouledogue et un basset Hound ?
Et puis les jeune chiots adorent se rendre intéressants. Néanmoins nous l’aimons beaucoup ; il est en manque d’affection et nous réclame sans cesse bisous et câlins.
Ah oui, autre chose : ne soyez pas vexé(e) si vos commentaires ne sont pas apparus sur ma page ; il se trouve que je ne suis pas un expert en informatique, alors voilà ; le pauvre chien que je suis fait ce qu’il peut et ce soir je pense avoir réglé le problème.
Cette nuit nous avons prévu de retourner dans le jardin du nain en plastique et des fleurs au garde à vous. Avec la chaleur qu’il fait ce soir, nous espérons qu’une des fenêtres aura été laissée ouverte. Le petit Micky va encore jouer les acrobates, pour sa plus grande fierté.

dimanche 29

Me voilà enfin de retour les amis ! J’ai hâte que ce mois de juin se termine ; toutes ces invitations commencent à bien faire. Parce que figurez-vous que pendant que ça cuisine, que ça mange pendant des heures et que ça range tout le bazar après coup, moi le Charly je dois faire une croix sur mes promenades et donc sur mes possibilités de récolter indices et informations.
Alors pour passer le temps, j’écoute la radio. Connaissez-vous Dinah Washington ? Quelle voix superbe ! Malgré mon manque d’exercice ces derniers jours, je sens la fatigue monter … je vais donc aller m’affaler sur mon coussin et lire un peu.
Ah au fait, auriez-vous un bon livre à me conseiller ? Je suis sur le point de terminer le mien.
Bonne nuit les amis.

vendredi 27

Quelle journée !
Je suis un peu triste ce soir car la grande est partie en vacances et parce que je ne la reverrai pas avant un mois. Un mois, rendez-vous compte !
Mon moral était déjà descendu bien bas, entre l’étrange disparition de Cooper et le départ de ma jeune maîtresse, et voilà qu’une autre déception est venue s’abattre sur le bout de ma truffe : Nous étions partis en promenade, quand je me suis retrouvé nez avec avec un piaf, gros come un chaton. Il était visiblement tombé du nid et ses parents voletaient en caquetant à tue-tête au-dessus de nous.
Le pauvre ne savait ni voler ni crier et ouvrait un large bec dont l’intérieur était encore jaune et rouge, ce qui laissait présager qu’il n’avait pas encore l’âge d’être tombé si bas. En gros, la bestiole était condamnée et j’allais en faire mon déjeuner.
Et voilà que ma maîtresse en chef m’a tiré en arrière d’un coup sec alors que j’allais envoyer l’oisillon Ad Patres. Bon sang, quelle déception !
Enfin voilà, mais revenons à nos moutons. Nous sommes tous rentrés bien abattus et n’avons que peu dormi. Ce matin les copains avaient les yeux aussi cernés que les miens et nous avons trainé les pattes toute la journée.
Pouvez-vous me dire pourquoi un chien en pleine santé et avec toute sa tête serait envoyé … envoyé où d’ailleurs ? Y avait-il du trafic d’animaux dans l’air ? Et pourquoi se débarrasser de toutes ses affaires ? Un crime avait-il eu lieu ?
Un oiseau qui avait l’air si bon et bien dodu … il aurait été ma première prise, imaginez ma joie !

jeudi 26

Nous sommes arrivés devant le pavillon du vétérinaire sans encombre. Par contre le petit Micky soufflait comme un souffreteux et j’ai bien cru qu’il allait y rester, juste là sur le bitume. Ces petits chiens ne tiennent vraiment pas la route.
Nous avons eu une sacrée chance ; une des fenêtres du sous-sol était restée ouverte et notre petit Pékinois s’est glissé entre les barreaux dès qu’il a pu faire fonctionner de nouveau ses minuscules pattes de jouet.
Et là Tim et moi avons attendu le retour de Micky. Qu’allait-il trouver à l’intérieur ? Des chiens mourants, des chats emmaillotés comme des momies, des souris de laboratoire, des chiots en bocaux ?
Une bonne demi-heure plus tard, notre ami est enfin réapparu.
- Je n’ai pas vu Cooper mais voici ce que j’ai trouvé près d’un grand microscope : des résultats d’analyses appartenant à notre bon vieux copain ! nous a alors expliqué Micky à toute allure, après avoir craché le précieux document.
Vous connaissez les petits chiens, toujours pressés.
Nous y avons jeté un œil, chacun notre tour … mais cette maladie-là nous était totalement inconnue.
- Et si tu y retournais pour leur demander s’ils ont vu Cooper ou s’ils ont entendu quelque chose ? ai-je alors proposé à Micky. Je sais que c’est toi qui fais tout le boulot ce soir, mais tu es notre seule chance !
Micky y est retourné de bon cœur malgré son état de fatigue évident.
Tim et moi avons convenu de rentrer au pas. Puis nous avons parlé des dernières lubies de nos maitres. Ce n’était pas triste, vous pouvez me croire. Mais le secret professionnel m’empêche de vous divulguer ici la moindre information.
- Me voilà de retour ! J’ai bien fait d’y retourner : Cooper a passé une journée entière dans le laboratoire, puis son maitre l’a laissé au vétérinaire, les larmes aux yeux. Lequel lui a conseillé de se débarrasser de sa laisse et de toutes ses affaires. Le lendemain, Cooper avait disparu.
Le retour fut bien triste ; pas un de nous ne pouvait parler. Nous avons mis un temps fou à rentrer mais cela nous était égal. De toute façon aucun de nous n’aurait pu dormir cette nuit-là.

mercredi 25

Pendant que le petit Micky s’occupait des plates-bandes, Tim s’affairait du côté gauche tandis que je cherchais du côté droit.
L’herbe était rudement bien tondue, pas une fleur ne dépassait de son bosquet et je ne voyais pas la trace de la moindre petite mauvaise herbe ; pas comme chez moi. Le Cooper ne devait pas s’amuser tous les jours dans ce décorum de sitcom.
Ce fut vers un massif de camélias que je sentis l’odeur de notre ami, ainsi que des traces toutes fraiches de terre retournée.
- Hé les gars, venez donc voir par ici ! leur ai-je crié.
Ils étaient d’accord avec moi ; la terre avait été remuée et l’odeur de Cooper était là, bien présente.
- Mais je sens autre chose … a dit Micky. Une odeur que je connais bien et que je n’aime pas beaucoup …
- Fais voir, a dit Tim avant d’enfouir sa truffe dans le sol. Mais oui bien sûr, j’ai trouvé : c’est l’odeur du vétérinaire !
- Bon sang, le véto ! dis-je alors en me frappant le front avec ma patte. Ainsi il serait souffrant … mais pourquoi s’être débarrassé du collier ?
- Il ne nous reste plus qu’à nous y rendre, a conclu le p’tit Micky, tout excité.
Seulement le vétérinaire n’officiait pas du tout dans le quartier. Il nous fallait sortir de la ville et passer le long de la grand’route, à découvert. Et si jamais une voiture de police passait pas là …
- Ne t’inquiète pas, a dit Tim, tout ira bien et ce n’est pas si loin. Et puis nous n’avons pas le choix !
Il avait raison ; nous n’avions pas le choix. Nous avons choisi de cacher le collier de Cooper dans le jardin voisin, dont la quantité impressionnante de mauvaises herbes nous laissait penser que le jardinier ne mettait pas souvent les pieds dans les parages et que notre butin y serait en sécurité.
Nous avons donc planqué la parure et filé ventres à terre et oreilles au vent.

mardi 24

Comme prévu nous nous sommes retrouvés hier soir à minuit ; l’air était lourd, le ciel nous faisant l’effet d’une couverture chauffante. Même les grillons avaient trop chaud pour chanter. Et Dieu sait s’ils aiment ça.
- Devine qui sera parmi nous ce soir, m’a demandé Tim lorsque je suis arrivé.
- Le petit Paco ?
- Non andouille, c’est moi ! dit alors Micky tout en sortant de sa cachette.
- Bon sang, mais comment savais-tu que … ? ai-je demandé, surpris.
- Tu oublies que je sais tout, répondit le pékinois tout fier. Alors je me suis fait la belle ; avec cette chaleur, les fenêtres restent ouvertes.
- Quel est ton plan ? demanda Tim qui avait hâte de prendre le large.
Tandis que nous prenions la direction de chez Cooper, j’ai expliqué à mes deux acolytes qu’il nous fallait tout d’abord ratisser le jardin ; absolument partout et sans rien oublier. Nous trouverions forcément une piste, une odeur, un petit quelque chose à nous mettre sous la truffe. Et je sais de quoi je parle ; j’ai la truffe sensible et perspicace.
Nous ne mîmes que quelques minutes pour arriver devant le portillon qui était heureusement ouvert. Tim se leva sur les pattes arrière et abaissa la poignée de la petite porte blanche. Un stupide nain de jardin nous regardait en souriant, une pelle sur l’épaule et une marguerite au coin de la bouche. Nous nous sommes alors partagés le terrain. Deux hérissons ont pris la fuite, si je puis m’exprimer ainsi.
- Hé vous ! Savez-vous ce qui est arrivé à Cooper ? leur ai-je crié.
Mais ces couards n’ont pas pris la peine de me répondre, trop occupés à se réfugier dans le jardin voisin. Avez-vous déjà parlé à un hérisson ? Si vous arrivez à leur faire prononcer deux phrases, alors ce sera un véritable exploit. Je n’ai jamais vu d’animaux aussi froussards ; dites-leur bonjour et ils se mettent à trembler comme des feuilles. Alors témoigner …

lundi 23

Bonjour les amis,
Désolé pour ce contretemps mais voilà trois jours que je n’ai pas une minute à moi et pas moyen d’accéder à l’ordinateur. C’était l’effervescence ici et j’ai eu un mal fou à obtenir une malheureuse promenade quotidienne.
Enfin me revoilà et … où en étais-je … Ah oui, Tim et moi sommes restés un bon moment dans ce fourré plein d’épines et de je ne sais quoi. Et puis nous avons décidé de bouger et de reprendre le chemin du retour. Nous avons couru à bonne allure en nous relayant pour porter la laisse chacun notre tour. Non pas que ce fût lourd, mais essayez donc de courir longtemps avec un objet coincé dans la bouche.
Une fois arrivés devant chez Tim, nous nous sommes mis d’accord pour nous retrouver le lendemain à la même heure ; car ce n’était pas tout d’avoir retrouvé la laisse, encore fallait-il retrouver Cooper.
Nous avons donc convenu que je viendrai le chercher demain à minuit ; c’est vrai que c’est tard mais il nous faut être très prudents car la maitresse de Tim n’est pas la plus douce des maitresses ; on peut même dire qu’elle a la main lourde et l’humeur chatouilleuse. Alors pas question que mon Timmy se prenne une autre dérouillée par ma faute.
En principe le portillon du jardin de Cooper reste ouvert et s’il ne l’est pas alors nous nous débrouillerons toujours pour passer de l’autre côté. Et si les chats nous laissent investiguer en paix, alors ce sera du gâteau.
Je vous dis à demain ou à tout à l’heure car j’ai une sieste à faire. Figurez-vous qu’hier les deux gamines m’ont couru après pendant des heures et moi bien sûr j’ai joué le jeu, vous pensez bien, j’aime les gosses.

jeudi 19

Oh quelle nuit difficile, les amis ... Voyons, où en étais-je ... Ah oui !
Timmy et moi nous sommes donc enfuis dans la nuit, laissant derrière nous cet océan nauséabond et mal fréquenté.
- Qui est-ce ? me cria Timmy tout en essayant de ne pas lâcher son butin.
Je jetai un oeil derrière nous ; une voiture nous avait pris en chasse.
- La fourrière ! Passons par ici ! hurlai-je à Tim tout en pénétrant dans un bois. Ici la voiture ne passera pas et nous pourrons la semer.
Timmy m'avait suivi et nous courumes encore quelques minutes avant de nous arrêter enfin, essouflés. Nous nous mîmes à l'abri sous un tas de ronces.
Nous avions très soif et haletions sans pouvoir nous contrôler.
J'espérais que l'homme ne fût pas descendu de sa voiture, armé d'un fusil à seringue ou d'un filet pour nous capturer.
La forêt nous faisait un peu peur avec tous ses bruits inhabituels pour de pauvres bêtes diurnes comme nous.
Avez-vous déjà entendu les branches grincer en se balançant, le vent siffler à travers les feuilles, et tous ces milliers d'animaux qui se promènent et qui chassent en faisant craquer les feuilles mortes et les brindilles, sans que vous puissiez les voir ? Ca fiche les jetons !
Pour me donner du courage, je fermais les yeux et je pensais à Lili.
Lili, je ne l'ai vue qu'une fois, mais une fois suffit pour recevoir un coup de foudre.
Lili est une belle femelle de la race du coker anglais ; elle a de belles oreilles longues et très élégamment poilues qui volent au vent à chaque fois qu'elle court ou trottine.
Elle devrait faire du cinéma car elle a une classe folle.
Le hibou n'en finissait pas de chanter et nous de tremblotter.
- Crois-tu qu'il soit parti ? me demanda Timmy du bout des dents.
- Attendons encore un peu et profitons-en pour nous reposer. La route est encore longue, ai-je proposé.
Et c'est ce que nous avons fait. Nous avons attendu une bonne heure sous notre tas de ronces.
Ce n'était pas très confortable, certes, mais au moins nous nous y sentions en sécurité.